01.06.2010


Dans exactement 24h, je crois que je serai vexée.

Voilà tout.

Ceci était la conclusion d'une journée parfaitement inutile pendant laquelle j'ai perdu du temps à rentrer toutes mes heures du mois de mai (mais c'était de ma faute, j'ai oublié de les comptabiliser régulièrement) (pic d'activité le 6 mai : journée de 17h, à peu près. On n'est plus à quelques minutes, vous me direz), à essayer d'analyser un document très très très ennuyeux (usage d'un doux euphémisme) et, surtout, surtout, à rafraîchir constamment ma boîte e-mail pour voir si on m'avait répondu. La réponse est non. C'est très agaçant.

 

30.04.2010


Toi aussi, sois heureux et fais chanter le monde

 

Nous sommes vendredi soir.

Il est 21h54 penchant vers les 55.

Je suis encore au boulot.

J'y reviens dimanche toute la journée.

Je ne veux pas perdre mon âme.

 

 

Ca se passe de commentaire, mes tendres agneaux.

(Soyons tout de même euphoriques, je vais pouvoir profiter du doux environnement que sont les Champs Elysées un vendredi soir à 22h passées.)

 

06.04.2010


Printemps

J'aurais bien aimé vous dire de jolies choses mais je suis un peu chafouine tirant sur le tristolette en dépit du soleil qui a brillé joliment sur mes joues à la pause de ce midi, du vent qui s'est joué de mon écharpe à rayures vers 17h, alors que je surplombais les toits de Paris et jouissait d'une vision panoramique du Sacré-Coeur à la Tour Eiffel, des jolis échanges de la journée, du John Grisham que je viens de terminer, de la chanson la plus érotique et la plus belle qui soit de Jean Ferrat dont je ne me lasse pas, d'un chouette compliment du big boss ce matin, d'un dîner gourmet et d'un bain à venir. Ca ne s'explique pas. (Ou si mais ça devient très compliqué.)

Je vous laisse avec le printemps.

 

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01.03.2010


Llanto por Chile

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Aujourd'hui, on pense au Chili et à ses habitants.


(La carte vient de .)

01.10.2009


What a crappy day

J'ai :

Vu Julie and Julia. Ca m'a donné envie de faire des miliers de recette de cuisine et d'expérimenter, d'acheter le Larousse gastronomique et d'investir dans des casseroles en cuivre. J'ai dû en rêver à satiété cette nuit parce que depuis ce matin je n'ai pas faim. Pas "je n'ai plus faim j'ai mangé une banane, trois tartines et une entrée, du jambon et de la salade verte" mais pas faim du genre "cette pomme verte comblera amplement mes attentes à l'heure du déjeuner". Croyez-moi, ça ne m'est JAMAIS arrivé. J'aime manger. Je mange beaucoup. J'ai toujours une petite place pour un petit quelque chose. Je suis profondément perturbée.

J'envisage d'expérimenter prochainement les restes de salade dans un plat cuit (oh, la jolie synecdoque. Je ne parle pas bien sûr de manger littéralement un plat cuit, j'aimerais bien qu'on ne me remplace mes dents qu'à un âge vénérable, voire pas du du tout). Probablement avec des haricots verts et du roquefort. Je n'ai encore jamais fait ça mais si je n'avais pas faim, j'aurais faim en en parlant. Je souhaite refaire une tarte à la citrouille ; celle d'il y a quinze jours était délicieuse. Je vais cependant faire la garniture un peu plus épaisse, plus crémeuse, parce que nous la mangeons sur plusieurs jours et qu'elle a besoin d'être réchauffée à chaque fois. Il faut finir le chou rouge : avec des côtes de porc? Ou en soupe? J'ai envie d'acheter des crevettes pour faire du beurre de crustacés et de préparer des petits chaussons proches des mincepies. Je commence à avoir envie de châtaignes. Il serait aussi temps que je prépare le pudding de Noël...

Ce soir, il faut :

Ne pas rentrer trop tard à la maison pour prendre le temps de boire un bon thé avant de repartir pour la chorale. Préparer mon sac pour le week-end et faire attention aux limitations des compagnies aériennes (j'ai choisi de ne pas prendre de bagage en soute). Acheter un guide? Ou se laisser porter sur place...ça sera plutôt le cas, profiter des deux jours et revenir, à deux, si nous sommes emballés. Ne pas oublier le maillot de bain, il est probable qu'il fasse beau.

J'ai envie de :

Ecouter les madrigaux de Luzzaschi Luzzasco. Me perdre dans la musique.

Faire une cure de cinéma, séries, DVD.

Acheter de nouveaux livres : j'ai une liste de plusieurs pages. Terminer ceux qui me restent encore à lire. Je relis en ce moment Les Braises de Sandor Marai et comme précédemment je suis emportée par sa plume, cette mystérieuse âme maggyare.

Aller à la piscine deux fois par semaine, le matin avant le travail.

Me mettre sérieusement à la peinture, pas l'encre et le fusain que j'aime mais me lancer dans quelque chose de totalement nouveau. Une femme incroyablement talentueuse en tout a su trouver les mots pour me donner envie de découvrir tout cela. Ca sera problablement raté et je découvrirai que ma fibre artistique a des limites très proches mais je m'amuserai sans doute beaucoup.

Repeindre notre appartement. Beaucoup de temps, d'investissement, de contraintes mais une furieuse envie de coups de pinceau. Pour le coup, ceux que je sais réussir!

Aller en forêt et contempler les feuilles, courir dans les allées et dessiner des champignons. 

(Oui, le titre n'a rien à voir avec le contenu mais c'est la stricte vérité.)

19.08.2009


Let me be

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Aujourd'hui la vision des samares de cet érable et de cet hydrangea resplendissant contribuent à me faire sourire. Pourtant, la chaleur étouffante qui règne dans la bibliothèque et l'impossibilité -temporaire, je l'espère- de trouver un endroit où célébrer une union ne me prédisposent pas à me montrer tendre envers l'humanité et tout particulièrement envers certains spécimens qui croient nous faire une fleur en abreuvant les pauvres hères que nous sommes de leur vérités très...particulières. Certaines réflexions sont en passe de devenir les phrases que je déteste le plus. Le fameux "le plus beau jour de ta vie" y figure en très bonne place avec les très courants "il faut absolument bla bla bla"... (que je place dans la même catégorie que "them" et "they say" comme le fait justement remarquer un film pas très bon mais fort divertissant).

24.07.2009


In petto

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Pendant la pluie torrentielle d'hier soir...

...

 

Mon collègue me vouvoie. Je sens que je dois rajouter tout de suite que contrairement à ce qu’il va sembler à la lecture du reste de cette note, j’apprécie beaucoup ce collègue qui s’est montré disponible, aimable et serviable dès les premiers jours.

 

Ca me fait un choc (non que cela me dérange profondément mais je trouve cela étrange) car s’il n’a pas le même âge que moi, il n’est tout de même pas sensiblement plus vieux (à tout casser il a trois à quatre ans de plus), avons fréquenté les bancs de l'université en même temps et faisons le même travail. Je ne suis pourtant pas d’aspect si débile (au sens étymologique du mot) que l’on m’ajoute dix ans régulièrement. Ca me rassure, il vouvoie aussi ma co-stagiaire qui, selon ses propres dire, a une « tête de bébé Cadum ». Le problème n’est donc pas dans l’âge, ce fléau de la femme moderne (qui avant mourrait jeune ou en couches encore plus jeune donc n’avait pas le temps de se préoccuper de son vieillissement prématuré).

 

Je m’étonne moi-même : je fais généralement partie des réfractaires au tutoiement massif et indifférencié qui fait rage dans certaines sphères. Je ne tutoie pas les gens que je ne connais pas, à moins qu’un ami me les présente et qu’ils se trouvent soit dans ma tranche d’âge soit qu'ils m’invitent à le faire, je ne tutoie pas ceux qui me tutoient (sauf pour leur faire remarquer leur grossièreté, ce qui a donné lieu à un incident mémorable au guichet de ma banque quand j’avais dix-huit ans), je ne vais pas spontanément tutoyer un collègue lorsque l’équipe contient cinquante personnes et qu’on fait semblant d’être tous amis dans une vie sans hiérarchie et, d’ailleurs, je ne fais jamais la bise à mes collègues ou connaissances lointaines (en voilà une habitude répugnante, toucher la joue d’un inconnu avec sa joue ou pire, avec ses lèvres). Bref, si j’adore embrasser mes ami(e)s comme du bon pain, leur toucher les mains ou les épaules et les serrer dans mes bras (toutes choses qu'ils ou elles supportent avec une constance héroïque), il n’en va pas de même avec ceux que la vie met sur mon chemin : j'ai horreur du tutoiement pseudo naturel qui ne rime à rien, le vous de politesse est fondamental dans notre langue et il n'a pas été inventé juste pour faire joli ou compliquer la conjugaison du verbe "faire". Je m’aperçois avec horreur à l’instant que cette attitude me donne un ton de conservatisme bon teint ; j’ai presque envie de me dire « vieille conne » in petto (et juste après de me serrer dans me bras ; je m'assume pleinement).

 

Mais, lorsque nous sommes un bureau de quatre, que nous faisons le même travail et que nous avons le même âge –peu ou prou-, j’ai du mal à faire des blagues avec quelqu’un qui me vouvoie et à me sentir détendue pour une bataille d'élastiques. Dois-je ajouter que la portion de salle dans laquelle je me trouve comporte quatre bureaux et que nous nous tutoyons tous ? Un seul qui vouvoie son monde, ça fait un peu radeau de la méduse…

 

Si encore il me connaissait très bien et qu’il me trouvait des côtés rétrogrades (ce qui me surprendrait fortement mais pourquoi pas?) qui lui donnaient envie de m’injurier in petto, je pourrais comprendre cette distance déguisée en marque de respect ; j’en use personnellement de temps à autre.

 

Enfin (dit-elle dans un soupir), dois-je réellement m’inquiéter d’un vouvoiement intempestif de la part de quelqu’un à qui l’on demandait ses projets pour le week-end a répliqué très sérieusement : « travailler, qu’il y a-t-il d’autre à faire à Paris en juillet ? ».

 

Humm, excellente question.

 

 

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07.05.2009


Being Schröndinger's cat

Vu mes conditions actuelles de travail ;

Enormément de pression ;

Beaucoup de travail ;

Une bonne dose de doute ;

Une collab' mal-aimable ;

Encore plus de pression ;

Nécessité de partir tôt de soir pour prendre un train ;

Impossibilité de changer quoi que ce soit au décalage horaire France/Etats-Unis ;

Enorme envie de pleurer ;

Désolée pour les notes prévues.

31.12.2008


De Charybde en Scylla

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Que de péripéties, mes aïeux! Ce matin au réveil, j'étais loin de penser que la pénultième journée de l'an 2008 me réservait bien des surprises. Rien de bien grave, mais suffisamment de désagréments pour souhaiter que demain soit meilleur...

Comme vous le savez, je prennais le train pour Paris aujourd'hui, en début d'après-midi. Vers dix heures du matin, j'ai commencé à faire méthodiquement mon sac, sans hâte mais avec soin. L'ayant terminé, j'ai vérifié -par acquis de conscience- que je possédais bien mes trois sésames à savoir ma carte bleue, ma carte imagin R et les clefs de mon palace (ah ah ah). Las! Dans mon tout petit sac en croûte de cuir, point de clefs. Pourtant, mon trousseau est assez conséquent puisque quatre clefs y sont attachées. Légèrement affolée j'ai alors regardé défait mon sac pour regarder si elles n'avaient pas glissées dans le fond et, ne les trouvant pas, je suis descendue au rez-de-chaussée avertir mes parents que je pensais avoir perdu mes clefs, trois paires d'yeux étant plus susceptible de trouver l'intouvable. Je suis remontée dans mon second étage, suivie de ma mère, et nous avons procédé à une fouille méthodique et implacable des moindres recoins de ma chambre. Matelas, tiroirs, meubles, armoire, dressing, salle de bain et fauteuils ont subi notre méthode digne des plus grands films d'espionnage. Mais toujours rien ; j'avais bel et bien perdu mes clefs. Deux endroits étaient plus probables : le train à l'aller et la banque. Heureusement, je me suis souvenue que, si mes parents ne possédaient pas le double des clefs de mon chez-moi, l'oncle et la tante de Monsieur étaient les dignes gardiens de notre troisième jeu de plaintes-du-voleur. La vie ayant décidée d'être légèrement chienne, ce couple était loin de Paris, isolé dans les neiges auvergnates. Mon flair de limier ne me lâchant pas, j'ai appelé leur fille qui, mes ancêtres soient loués, était à Paris et possédait les clefs de l'appartement de ses parents. Cependant, elle avait une rencontre familiale prévue en début d'après-midi. Nous avons néanmoins convenu de nous appeler vers 15h30, heure à laquelle je devais être depuis une demi-heure à la gare pour mettre au point un plan d'action. Ce laps de temps m'a permis de renouveler ma carte 12-25 et, à 15h30, j'avais ouvert mon nouveau livre dans la salle d'attente. Dix minutes après, mon téléphone a sonné : ma cousine par alliance avait été retenue et m'appelerait au moment où elle quitterait son domicile pour celui de ses parents. L'heure suivante a été bien longue...Finalement, nous avons convenu (à nouveau) de nous retrouver sur le quai de la ligne 10 à Duroc à 17h30. Je suis partie aussitôt ; la petite heure passée sur ledit quai a été encore plus longue : j'étais transie quand elle est arrivée. Adorable, elle a empoigné mon lourd sac de voyage et nous avons sauté dans la rame : j'ai beaucoup apprécié de me faire prendre en charge jusqu'à chez moi! Arrivées dans mon hall d'entrée, j'aperçois aussitôt ma boître aux lettres, ouverte, et dedans mon courrier et...mes clefs! La tête pleine de mille choses, je les avais laissées pendantes le jour de mon départ, le 24 décembre. Ma cousine est repartie quelques temps après, mais elle aura mérité un livre ou un dvd pour la remercier de s'être ainsi déplacée. Quand au voisin inconnu mais néanmoins formidable, lorsqu'il aura été démasqué, une jolie boîte de chocolat l'attendra pour la nouvelle année!

Pourtant mes malheurs n'étaient pas terminés. N'étant à Paris que pour quelques heures, j'avais décidé de ne pas rallumer la chaudière, sachant que je dors fenêtre ouverte et chauffage éteint, enfouie sous une tonne de couettes et de couvertures, étant par ailleurs très frileuse. Je m'étais dit, avec raison pensais-je, que je pouvais me couvrir à l'envie pendant la soirée et me jeter au lit. Pourtant, vers 22 heures, n'y tenant plus, j'ai fait redémarrer la chaudière. Je vous assure, c'était le palais des glaces! Mes mains et mes pieds étaient tellement gelés que je ne les sentais plus et j'étais transie jusqu'à la moelle mais le acteur décisif a été la pensée que je devrais me laver à l'eau froide. C'était tout simplement impossible dans ces conditions. A l'heure qu'il est, je suis toujours aussi gelée (les radiateurs sont lents) et ne sait même pas à quelle heure nous partons dans quelques heures, le départ ayant été repoussé pour cause de verglas! A l'heure qu'il est, je donnerai mon ordinateur pour un petit radiateur électrique d'appoint...

04.11.2008


What goes around doesn't always come around...

En train de … siroter un thé russe avec une goutte de punch et deux larmes de citron. Avoir jeté les feuilles en vrac dans la tasse, pour le plaisir de les voir flotter et s’épanouir dans l’eau chaude comme une fleur de lotus puis les pousser négligemment du bout du doigt sur le rebord, à quelques millimètres de la bouche. Sourire et plonger les yeux dans le fond de la tasse en se demandant vaguement pourquoi certaines feuilles flottent tandis que d’autres gisent sur l’épaisseur de porcelaine. Je me prends à m’imaginer ...

Ces moments pendant lesquels je rêve à une autre vie se font trop fréquents à mon goût. Je ne supporte plus d’être dans l’attente de résultats pour voir écrit noir sur blanc ce que je pressens déjà ; je n’arrive plus à fournir le travail attendu de moi comme je le fais depuis six ans. Je suis lasse. J’ai toujours avancé mais ces jours-ci, je ne sais plus ce que je veux, j’hésite, je balance. Mes pensées prennent la tangente et mon corps renâcle à l’idée de passer ses journées à un bureau, le nez dans les livres et le crayon à la main. Je n’en aime pas moins ce que je fais, au contraire, mais alors que je croyais toucher au but, j’ai l’impression de ne jamais être partie. Je crois que je veux juste être fixée ; c’est long, trop long. Je cours mais j'ai l'impression qu'il n'existe rien après le prochain tournant. J’aime la pression, crouler sous différentes tâches et tout faire, bien, dans les temps. Je n’aime pas avoir de long mois devant moi pour atteindre un résultat certes intéressant mais qui à mon sens ne vaut pas l’abandon de toute vie à côté. Pourtant, avec mes études, je sais ce qu’est n’avoir aucune vie sociale, peu de temps à consacrer à sa famille et une charge de travail inimaginable. J’ai juste toujours eu d’autres centres d’intérêts, auxquels je veux avoir le temps de me consacrer. En cinquième année, nous étions 22 dans ma promotion. Certains étaient exceptionnellement brillants d’autres très moyens. Je m’en rappelle d’un particulièrement. Bon voire brillant étudiant, il travaillait non stop et pourtant nous avions des horaires de cours déjà épuisants (cours le matin dès 8h, parfois jusqu’à 21 heures et souvent le samedi). J’admire, sincèrement, sa capacité de travail et de concentration car je suis incapable de rajouter huit heures de travail personnel après une journée de douze heures pendant plus d’une semaine sans que mon corps me rappelle à l’ordre mais je n’admire pas sa vie, pas du tout. Voici le genre de personne dont j'ai été entourée pendant la majeure partie de mes études : aucun intérêt pour quoi que ce soit en dehors de la matière étudiée et des grilles de salaire les plus prometteuses du marché.

Pourtant, j’ai aussi travaillé plus souvent qu’à mon tour, été absente pour bien des soirées et des anniversaires, travaillé le jour du réveillon et accepté de n’avoir pas plus que deux jours de repos d’affilé (le 25 et le 26 décembre très précisément) pendant deux ans. J'ai travaillé, beaucoup quand c'était nécessaire, et ça a payé. J'ai eu des résultats brillants et j'ai toujours réussi à prendre du temps pour moi, pour me consacrer aux choses que j'aime, je n'ai jamais abandonné la lecture et dans mes plus faibles moments je lis au minimum un ou deux livres par semaine. L’an dernier, après ces deux années en question, j’ai posé mes bagages, dit stop à tout et suis partie en vacances pendant un mois et demi. Je suis revenue et ai à nouveau repris mes stylos et mes cahiers, mais sur un mode un peu plus apaisé. J’étais d’ailleurs moi-même apaisée, prête à faire face aux questions de fausse sollicitude (« Vraiment, tu ne fais que cela, cette année ? »). C’était ce qui était prévu et tout a bien fonctionné. Dès mai, pourtant, le rythme s’est fait plus intense, jusqu’à devenir insupportable durant l’été. Depuis les épreuves, je n’arrête pas de me poser des questions dont je connais pourtant les réponses.

-Ai-je bien fait de faire une pause ? Dans la même situation, referrais-je la même chose. Je sais bien évidemment que la réponse est oui. Je ne fais pas partie de ces gens qui ont une formidable constitution et qui sont capables de ne dormir que quatre heures par nuit. Je les envie : je suis insomniaque mais ai vraiment besoin de mes huit heures. Je suis de santé fragile et me doute bien que j’ai eu de graves soucis si j’avais continué avec ce rythme infernal. Pourtant, je ne peux pas m’empêcher de me sentir coupable. J’ai l’impression d’avoir perdu une année, d’avoir trahi la confiance de mes proches et d’avoir sauté dans un précipice sans fond. En conséquence, je suis incapable de faire quoi que ce soit et m’en veux encore plus. Mais quand j’y réfléchis, je me dis aussi que je ne regrette rien. J’ai pris du temps pour moi, j’ai commencé à apprendre une nouvelle langue, j’ai repris la musique, un peu, si peu. Mais je m'interroge.  

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