23.07.2009


Contre vents et marées

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Mésange en pleine tempête...

J'aime bien sortir mes encres en rentrant chez moi le soir pour, pendant dix minutes, ne penser qu'aux couleurs.

(J'ai répondu à la plupart des commentaires et à vos questions, allez donc voir (si j'y suis...) si la réponse vous intéresse. Et parfois, même, j'en pose. A croire que je me crois tout permis...)

19.07.2009


A little bunny love...

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(et je réponds aux commentaires le plus vite possible)

30.06.2009


La France laborieuse se présentant...au Palais

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Jamais vue par quiconque, à part les heureux siégants, la "France laborieuse" est cachée là où on ne l'attend pas. Le quatrième panneau, le plus dépouillé, pour ne ne pas distraire les illustres, représente bien évidemment le terrible poids de la solitude qui ne manque pas d'accabler l'intellectuel. Heureuse époque où pour représenter les professions tertiaires le peintre n'imagine pas un bureau!

Le panneau de droite, très long, évoque le travail des pêcheur, de retour du large, dans le port de Marseille. A gauche, ce sont les masses paysannes au labours qui figurent sur ce mur. Et, invisible, le pendant du penseur représente les travaux publics, plcae de la Concorde. Ces quatre toiles datent des années 1920.

Si les cariatides sont plus d'esprit Palais Garnier, les allégories en camaïeu bleu réalisées entre 1870 et 1890 représentent les différents départements ministériels dans les premières années de la troisième République, à la façon des travaux d'Hercule.

Les trésors des temps passés sont de fragiles poupées de cire qui fondent si l'on n'en prend pas soin.

16.12.2008


Histoires de brosses - 2

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Peint par Titien en 1545, Paul III et ses neveux est bien plus qu'un simple portrait des dirigeants du Vatican : c'est une réelle oeuvre politique. Considéré en son temps comme le portraitiste le plus remarquable de l'Europe méridionale, Titien était apprécié notamment pour sa capacité à ennoblir les traits individuels. La querelle entre le Saint Empire Romain Germanique et le Vatcan était encore très vive en cette première moitié du XVIème siècle : l'Empereur et le Pape se disputaient tous deux la qualité d'homme le plus puissant de la chrétienté. Titien avait déjà réalisé des portraits de Charles-Quint quand Alexandre Farnèse monta sur le trône de Saint Pierre sous le nom de Paul III.

Issu d'une famille de petite noblesse sans contact utiles avec la Curie, Alexandre avait cependant une soeur fort belle qui parvînt à fasciner le pape, ce qui lui valut un chapeau de cardinal. Le futur pape avait une concubine, de laquelle il eut trois fils et une fille. Si, à Wittenberg, Luther injuriait le "porc épicurien", la Rome de jadis n'était pas choquée par ce qui était considéré nécessaire pour maintenir la pérennité familiale. Le désir de fonder une dynastie de dirigeants légitimait toute atteinte à l'obligation de chasteté. Pour s'imposer plus ou moins entre les grandes puissances, le chef spirituel de l'Eglise catholique avait besoin de soldats, d'argents et de relations, sans lesquels il aurait été trop facile de faire pression sur lui. Néanmoins, à 77 ans -l'âge qu'il possède au moment où Titien le portraitise- le pape se trouvait dans une situation épineuse. Le protestantisme gagnait au nord des Alpes et Charles Quint sollicitait de Paul III un soutien matériel alors même qu'il réclamait la convocation d'un concile qui déciderait des réformes. C'est pourquoi la représentation du pape est - à mon sens- particulièrement frappante : on ne sait pas trop quel genre de personnage se trouve devant nous. Est-ce un vieillard tassé par le poids des ans? La barbe est négligée, les chairs ont fondu, la tête semble trop lourde pour de frêles épaules. Pourtant, il paraît rayonner d'énergie, la tension et le mouvement habitant le corps, et les yeux ne sont pas voilés mais possèdent bien une pointe de malice, de ruse toujours vive.

Paul III est ici représenté avec ses petits-fils Alexandre et Octave, les deux aînés de quatre fils de son propre fils Pier Luigi. Ce sont des "nepote", ce qui signifie aussi neveu : une manière élégante de dissimuler que le pape fait faire son portrait avec des descendants qui ne devraient pas exister. Alexandre, à gauche, avait été nommé cardinal à 14 ans ; il se sentait aussi peu tenu à respecter les commandements de l'Eglise que son grand-père. Au départ, Alexandre se trouvait plus loin sur gauche du tableau. Il a probablement veillé lui-même à ce que Titien le rapproche et le montre la main droite posée sur le fauteil du pape, manifestant ainsi son droit à la succession. Ses espoirs furent vains : il participa à sept conclaves sans être élu. Octave Farnèse, à droite, est en train de faire la révérence prescrite : celui qui s'approche doit s'incliner trois fois avant de baiser le pied du pape. Octave est lisse et sinueux, dénué de droiture et n'a aucune raison de se montrer intégre et confiant. Si pendant de nombreuses années ses préoccupations correspondaient à celles de Paul III qui utilisait ses petits-fils comme des pions sur l'échiquier politique, elles divergaient désormais puisqu'il avait conclu un accord secret avec l'Empereur contre son père et son grand-père.

Le tableau n'est pas achevé : l'absence de main de Paul III sur la table le démontre. On ne sait trop pourquoi mais il est probable que le changement d'alliance politique avec le Vatican entre l'Espagne et la France ait rendu inutile ce portrait de grandes dimensions. Pourtant, si nul conflit ne semble avoir existé entre le pape et le peintre, Titien a lui aussi été trompé par les Farnèse. Attiré à Rome à l'âge de 55 ans, il ne fut jamais payé pour ce travail et la récompense promise -les prébendes destinés à son fils qui avait embrassé la carrière ecclésiastique- ne vint jamais. Le peintre rappelle en passant l'aspect éphénère de tous les espoirs et les désirs - sur la table il a remplacé l'encrier par un sablier.

13.11.2008


Des pensées

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24.10.2008


Décrypter "Février"

Chers lecteurs,

Voici une nouvelle rubrique qui me tient beaucoup à cœur ; je vous raconterais donc, de temps à autre, une ou plusieurs « histoires de brosses ». Je commencerais par une des miniatures des frère Limbourg pour le duc Jean de Berry ; laissez-moi vous présenter « Février ».

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Un petit point historique, pour commencer. Réalisées pour la plupart entre 1408 et 1416, date à laquelle les trois frères -Pol, Hermann et Jean- décèdèrent, problablement de la peste, les miniatures du livre d'heures sont un témoignage relativement important des modes de vie de la paysannerie au Moyen-Age. En effet, toute oeuvre d'art coûtant fort cher, seuls les riches et puissants étaient en mesure de commander des peintures ou enluminures. Conservées au musée Condé à Chantilly, les "Très riches heures du Duc de Berry" néanmoins un mystère : on ne sait pas pourquoi les douze images du calendrier précédaient les textes pieux des livres d'heures, destinés au recueillement. Vanité de la vie humaine, allusions astrologiques ou simple souhait d'un grand seigneur?

C'est une simple maison qui est ici représentée, probablement celle du métayer. Elle n'est pas pour autant l'habitation de simples serfs puisque l'on apperçoit une cheminée en briques ou tout du moins "en dur" sur l'extrême gauche de l'image ainsi qu'un lit et des vêtements sont suspendus. Les journaliers dormaient pour la plupart sur des paillasses et le feu, chez eux, se trouvait au milieu de la pièce, la fumée s'échappant par un trou dans le toit. Trois personnes se réchauffent devant la cheminée ; les deux du fond ont tellement retroussé leurs vêtement qu'on peut voir leur sexe. En réalité, la vision de la vie au Moyen-Age a grandement été biaisée puisque beaucoup des tableaux de l'époque ont été commandés par des ecclésiastiques, la représentation du sexe étant bien sûr interdite. En réalité, l'étroitesse des logis (beaucoup de familles dorment dans le même lit) a contribué à un manque de pudeur certain. Des ouvrages de bonnes manières indiqueront, deux siècles plus tard, qu'il convient de ne pas se soulager devant une fenêtre ou dans un escalier.

Derrière les moutons, nous voyons de jolies boîtes rondes couvertes de neige : ce sont les ruches. Seul édulcorant accessible aux classes les moins aisées, le miel était un bien de première nécessité, d'autant plus que la cire servait à confectionner des bougies, mode d'éclairage raffiné. Le mouton, plus que la vache, est l'animal de troupeau le plus répandu mais leur représentation augure déjà du succès de ces bêtes parmi les dames de la haute société. Déjà en 1398 Isabeau de Bavière dépensait 4000 écus d'or pour sa bergerie de Saint-Ouen nous indiquent les livres de comptes de la Cour de France. Sur la droite, un pigeonnier. S'ils étaient redoutés pour leur voracité (leur possession était donc réglementée), le fumier de pigeon était de première importance et ne disparu qu'avec l'apparition des engrais artificiels en Europe.

L'illustration semble représenter un monde paisible, profitant des loisirs offerts par l'hiver. Néanmoins, la neige, le froid et la glace étaient de réelles menaces surtout à cette époque qui connut des hivers extrêment rigoureux alors que la France était plongée dans la guerre de Cent Ans, qui augmenta la misère des villageois. Une étude dans un village de Picardie montre que sur dix paysans indépendants, deux étaient relativement aisés, quatre se nourrissaient en suffisance et les quatre derniers végétaient au bord de la famine. Quant aux journaliers, ils ne possédaient rien et restaient généralement célibataires. En hiver, de plus, le bois de chauffage se faisait rare et les loups s'attaquaient au bétail. Les frères de Limbourg, au fait des us du monde paysan, vivaient tout de même dans les châteaux du duc, s'occupant à peindre de belles miniatures.

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Alors, ça vous a plu?

Au fait, voulez-vous que de temps en temps je vous écrive un petit conte comme celui d'hier?