07.06.2010
Salive
21:43 Publié dans 912, Derrière le rideau du réel -et parfois devant | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06.05.2010
Madrid, por supuesto
Mes tendres agneaux, j'ai été absente mais ce n'est pas totalement de ma faute. Voyez-vous, je suis retournée travailler dimanche toute la journée, je sors tard tous les jours, je mange devant mon ordinateur et ce matin je me suis levée à 6h20 pour arriver plus tôt au travail. Demain matin je remets la même parce que je pars samedi matin chez mes géniteurs et il est hors de question que j'annule ce week-end, court, certes, mais pendant lequel j'ai prévu de dormir au moins 128 heures (et de soigner l'entorse que je me suis faite inexplicablement dans la nuit à un de mes orteils et dont je ne me suis aperçue qu'en milieu de matinée, parce que j'avais vraiment mal. Après avoir mis des chaussures à talons, donc. Du genre, quatre heures après). La semaine prochaine risque d'être à peu près sur le même modèle, en pire, vu que j'aurais sans doute 12 526, 35 heures de travail en trois jours mais après, je vais voir la mer et croyez bien que rien ne pourra m'arrêter de me baigner absolument tous les jours, deux fois par jour. (C'est un grand mystère de l'univers : j'aime ma douche bouillante mais je chéris la mer à quinze degrés.)
Tout ça pour vous dire que la fin de Madrid a tardé. Finalement, ce n'était peut-être pas plus mal car j'avais les nerfs à fleur de peau et replonger dans mes souvenirs madrilènes n'aurait sans doute pas allégé ma nostalgie.
Un samedi, donc. Il y a presque quinze jours. Onze heures de marche, après avoir volontairement remis les clefs de notre parcours à notre madrilène de coeur. (Elle croyait donc que je ne l'avais pas remarqué, ce besoin viscéral de nous dessiller doucement les paupières devant les beauté de sa ville? Pourquoi aurions-nous répondu dès la veille que nous n'avions aucune préférence pour aucun quartier, si tel n'était pas le cas...) Elle a formidablement relevé le défi. En premier lieu, d'un commun accord, Madrid à la fraîcheur première du jour qui s'éveille, quelques oiseaux dans les rues, les vestiges du vendredi soir sur les trottoirs et ces façades, offertes, qui se donnent à nous sans retenues sous la touche délicate du soleil levant. La Plaza Mayor rien qu'à nous (et quelques autres âmes vivantes, inaperçues dans notre félicité) et deux chevaux. Garcia Lorca qui a si bien écrit sur la nuit ("En la noche, platinoche, noche que noche nochera") nous offrait la lumière, un rêve devenu réalité pour l'une de nous et la liberté avec son oiseau. Les bois colorés du jardin d'enfants adjacent, sur notre chère Plaza Santa Ana, donnaient de la profondeur au ME, tout de blanc vêtu dans la clarté laiteuse des premières heures de la journée. Nous y revînmes onze heures plus tard, bercées par les teintes plus sombres de la nuit, pour boucler les heures. Plus tard, j'y reviendrai.
Un peu de shopping, tout de même, Zara se dressant à tous les coins de rue (un peu plus un peu plus un peu s'est transformé en beaucoup trop) mais surtout le barrio de Chueca, entre carte postale et mouvement incessant. Une enfilade de rues si belles que l'oeil ne sait où se fixer, de rues si semblables que la tête ne sait plus d'où elle vient et soudain, comme un clin d'oeil, un manequin nu sur une terrase, des chaises fixées, sans pieds, au balcon lui-même pour ne pas perdre de place et un mur ocre hypnotisant. C'est d'un commun et tacite accord que nous avons laissé les cartes pliées au fond de nos sacs pour découvrir au petit bonheur la chance ce quartier. Lecteur, tu ne le sais pas mais j'ai un tellement bon sens de l'orientation que je n'ai jamais été totalement étonnée de me trouver là où nous étions, mais notre découverte nous a permis de toucher du doigt le plus délicat aspect de Madrid.
Au Mercado de Fuencarral, musique, chose bizarres, choses très bizarres et choses étranges se cotoyaient dans une joyeuse mixité. Heureusement, des portes-clefs en forme de playmobil y vivaient. Heureusement. Après, beaucoup de choses à chérir, dans mon souvenir, mes photos mentales et les vraies, les quelques unes de l'appareil photo dont j'avais oublié le chargeur à Paris. Le moyen sans faille de m'apercevoir qu'en fait, je pouvais dire sans problème que j'avais besoin d'un chargeur universel pour mon appareil chez le vendeur (qui s'est trompé, certes, mais qui m'a remboursé sans défaillir quelques heures plus tard). Guernica, beaucoup d'émotion, quelques larmes, Miro aussi, une envie de décapiter consciencieusement tout en versant de l'acide dans leurs orbites le groupe de lycéens français pitoyables (l'un d'entre eux a touché une oeuvre. Touché. Avec ses doigts, pas avec ses yeux. A 17 ans. Probablement bien plus, finalement. Atterrée. Mais aussi trop prise ailleurs, dans mes émotions, dans mes souvenirs, dans mes folies d'art pour trop y faire attention. Les Ménines, les Maja. Habillée et nue, si belles, si provocantes. Tellement d'autres aussi, mais pourquoi mépriser les chefs-d'oeuvre ? Je ne me lasse pas de la beauté. Et un immense mobile de Calder. Quoi de mieux pour apaiser l'âme? Entre vibrations de la découverte et apaisement de la contemplation, bien sûr. Le Retiro, à deux pas, nous a une nouvelle fois ouvert son écrin.
La nuit, insidieusement, a déployé son manteau. Trois robes courtes plus tard, six talons de dix, des jambes nues et trois jeunes femmes heureuses, nous étions au ME. Misha Barton s'y est faite photographier il y a deux jours, inutile de dire qu'elle a plus d'un sibérien-express de retard. Les trois meilleurs mojitos du monde, sans contestation possible. Le goût de la perfection a ceci de magique qu'il vous empêche de chercher à le retrouver ailleurs. Plus de mojitos, jusqu'à la fin du séjour, mais plutôt des jarras de sangria. Diego, Pepe et Jésus, les mojitos magiques, sont restés les seuls, jusqu'à notre retour. L'an prochain à Madrid, savez-vous...
Cette terrasse de rêve, le regard sur Madrid, les rires des amies, les confidences et les stratagèmes, refaire le monde, ne parler de rien de sérieux, sentir l'air du soir sur sa peau et l'odeur de Madrid mâtinée à celle du teck et un ascenseur aux reflets bleutés, comme une touche de Lynch, moins le silence. Nous devions danser et rentrer à l'aube et ce sont des tapas qui ont recueilli nos membres inférieurs harassés. Une adresse, un petit bijou, que vous me permettrez -au moins aujourd'hui, n'est-ce pas?- de garder secrète, le temps de quelques battements de coeur. Une révélation sous forme de fromage et d'épinards, nos fameuses croquetas et autres délices nous ont été servis avec toute la célérité du monde. Nous n'en demandions pas tant. On m'a dit que les alcooliques parlaient avec poésie de leur drogue, quelque part du côté des commentaires chez une de mes comparses. Les mojitos n'étaient pas la seule.
Un autre marché, plus bruyant, plus animé, un Jane Austen en espagnol bien trop cher pour ce que c'était, des glaces et une exposition en deux endroits à couper le souffle nous ont séduit. Madrid sait comment nous parler, visiblement. Un fou-rire dans un musée à cause d'un peintre dont nous contestons les oeuvres de jeunesse, un Zao Wou-Ki auquel je ne m'attendais pas, Monet transporté à Madrid. Il y avait sa place, croyez-moi. Un autre fou-rire devant une nature morte, un peu à mes dépens, un peu à ceux des deux folles qui ont su me pardonner de passer beaucoup trop de temps devant les oeuvres que j'aime, de m'arrêter, de repartir, de sortir un carnet et noter trois mots, un peu à ceux de ladite nature morte. Je vous expliquerai le citron bientôt. Une gomme que je n'utiliserai jamais s'est forcée un chemin dans mon sac mais heureusement mon corps, las de me soutenir après de nouveau plusieurs heures de marche, a retenu ma main dans l'achat d'un livre de trois kilos. C'est heureux car j'ai déjà dû porter deux gilets et trois écharpes, à l'aéroport, pour fermer mon sac et prétendre avec élégance et distinction qu'il n'était pas lourd du tout, voyons monsieur, vous voyez bien qu'une frêle petite chose comme moi le soulève avec son petit doigt, il n'est donc pas besoin de le peser. J'étais à deux doigts de mettre toutes mes culottes sur ma tête et de prétendre que c'était une création contemporaine achetée dans le Barrio de Chueca.
Madrid, rayonnante encore une fois. Un restaurant qui fermait trop tôt aussitôt abandonné pour un autre ; joli prétexte pour revenir. Quelques verres, et les pavés qui font onduler les hanches des filles. Il y a eu tant de choses, à Madrid, que nous n'avons pas vues, pas découvertes. Pas de glace aux noix de macadamia, pas de chocolate con churros (pas par plus de trente degrés, voyons!), pas de bus 126, pas assez de tout et beaucoup d'inconnues. J'aime qu'il reste un goût d'inachevé, dans un voyage. Prétendre "faire" une ville, "faire" un pays me dépasse. Mais notre Madrid, nous l'avons apprivoisée, câlinée pour que la prochaine fois elle nous réserve le meilleur de ce que nous connaissons et de ce que nous allons y découvrir, de nouveau.
18:43 Publié dans 912, Derrière le rideau du réel -et parfois devant | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : madrid, guernica, retiro, menines, maja, garcia lorca, chueca, fuencarral, calder, mercado, me, mojito, jane austen
29.04.2010
Importante
CROQUETAS DE JAMON.
C'est tout ce que j'avais envie de dire aujourd'hui. Heureusement que demain soir je vais boire de nouveau de la sangria et manger des tapas et, peut-être, si les augures sont avec nous, des tortas de aceite (miam miam miam).
En Espagne, c'était quand même drôlement rigolo de voir plein de boutiques de robes de mariées et de me dire secrètement en passant devant que la mienne était bien plus belle.
Je vous raconterai la journée du samedi un autre jour mais sachez d'ores et déjà que nous avons marché onze heures. (Je peux le mettre en majuscules? ONZE HEURES.) Et qu'on a fini la journée sur du talon de dix (puis, les pieds dans le jacuzzi, tout de même). Donc, disais-je, une marche de onze heures mais une journée fabuleuse dans laquelle nous avons même réussi à caser l'écriture de cartes postales (et ce n'est pas un mince exploit). D'ailleurs, mes parents étaient à Lyon pour une semaine juste avant mon départ, semaine pendant laquelle ils ont profité du soleil et mangé des brioches à la praline, donc je leur ai envoyé une carte vengeresse et très très drôle. Enfin, je trouve. Et même si nous n'avions pas d'enveloppes (nous avions déjà réussi à acheter des cartes ET des timbres, point trop n'en faut), je les ai quand même postées. Alors qu'en temps normal, envoyer des cartes postales sans enveloppe est contre mes principes; c'est dire si Madrid a bouleversé notre système de valeur.
Nous sommes aussi retournées au Parc du Retiro mais ça c'est parce que je suis très très persuasive. Non, mais, 118 hectares de beauté, tout de même. (Et probablement une des premières enclaves absolument non catholique de l'Espagne vu comment tous les couples se roulent les uns sur les autres en public, c'est assez drôle à voir.) (Et puis Emeline a failli tomber dans l'eau le premier jour alors on a voulu voir si elle allait vraiment finir parmi les canards.) (Non.)

19:19 Publié dans 912, Derrière le rideau du réel -et parfois devant | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : croquetas de jamon, madrid, espagne, retiro, canards, tapas, tortas de aceite, sangria
28.04.2010
Madrid, lo que sigue
Or donc -expression que je honnis mais moins que "haut les coeurs" qui me donne des envies inavouables d'élimination de l'humanité- je vous ai rapidement brossé les grandes lignes de nos jours à Madrid dans un article précédent.
Vous l'avez peut-être compris mais, Madrid, j'y ai été heureuse. C'est un état que je cultive assez bien, en temps normal, mais ces jours-ci y ont contribué tellement fort que mon coeur en est encore empli. Vous savez, cette émotion qui vous enrobe les tripes et les poumons et vous donne envie d'embrasser la beauté contenue dans chaque grain de poussière?
Je tiens à préciser que c'est un état différent de celui dans lequel on se retrouve après avoir bu le meilleur mojito du monde qui, lui, donne envie d'embrasser les grains de poussière eux-même. De toute façon, comme l'a fait justement remarquer Camille, avant 21 heures, nous, nous ne buvons que de l'eau. CQFD.
J'étais bien partie pour être drôlement heureuse parce que le jeudi soir (la veille de partir donc) nous savions que notre vol était normalement confirmé et même si nous éprouvions cette petite pincée d'appréhension à l'idée que le volcan se remette à éjaculer, nous nous sommes tombées dans les bras en criant comme des folles entre 10h08 et 10h23 sur la place des Ternes. Pourtant, le matin même, ça avait été du grand n'importe quoi. Je suis sortie du lit un peu moins de deux heures avant de partir, je n'avais pas l'ombre du commencement d'une valise et il fallait que je m'épile. C'était mal barré. Après avoir balancé dans ladite valise trois écharpes (j'ai facilement froid en avion), une jupe, deux robes et des petites culottes, je me suis rappelée que la cire, ça collait, et j'ai évité la catastrophe en éloignant à temps mon lapin qui oublie parfois qu'il est un animal distingué et voulait absolument s'accoupler avec ma jambe (eh oui, c'est le printemps).
Dans toute cette précipitation, je n'ai pas mangé et je ne m'en suis aperçue que dans l'avion, au moment où l'expresso pris à jeun avant d'embarquer commençait à se faire remarquer. Du coup, j'ai eu encore plus faim mais j'ai oublié au moment où on a aperçu le détroit de la Gironde et que j'ai reconnu la côte sauvage au Nord. Je deviens totalement dans un état second dès que je prends l'avion : j'adore ça, j'adore passer mon temps à regarder par le hublot et à essayer de visualiser la carte géographique correspondante en 2D. D'ailleurs, au retour, je suis devenue totalement hystérique quand j'ai reconnu du ciel la cathédrale d'Amiens que je n'ai malheureusement jamais vue en vrai alors que nous n'aurions jamais dû la survoler. Je crois que les filles en auraient eu marre de mes hypothèses de déviation de trajet si j'avais été assez cruelle pour les leur infliger. Mais je sais me retenir. Un peu, parce que je leur ai quand même parlé d'une ou deux hypothèses.
Après un trajet formidable, donc, à parler chevaux de course et projets d'avenir, nous nous sommes dévissées le cou en essayant d'apercevoir le terminal 4 de Barajas (raté) avant de se préciter dehors à toute allure pour esquisser un pas de danse sur le tarmac espagnol. Nous avons failli faire plein de bisous au métro madrilène même si j'aurais préféré prendre un tramway (mais il n'y en a pas) et en descendant à Gran Via, en plein coeur de la ville, nous aurions bien de nouveau esquissé un pas de danse si nos sacs ne commençaient pas à devenir lourds, tout de même (et puis, il y avait des escaliers à monter). Trouver l'hôtel était vraiment très simple (surtout après s'être trompées une fois d'endroit) mais lorsque nous avons découvert la SUITE qui nous était attribuée, cela valait bien le coup d'essuyer les seules gouttes de pluie que nous verrions de tout le séjour. Après avoir tout jeté en vrac sur les lits et par terre (désordre constant pendant trois jours, nous n'avons même pas été fichues de mettre nous même nos brosses à dent dans un verre à dent), nous sommes sorties chercher de quoi nous nourrir parce qu'il était 17 heures et que nous n'avions rien mangé de la journée. Et, personnellement, quand on ne me nourrit pas, je deviens irritable.
Emeline (bénie soit-elle) nous a révélé la voie du Museo del Jamón et nous avons fait très peur au serveur en mangeant à une vitesse effarante trois raciónes de jamón iberico et de queso manchego (il avait cru au début qu'on plaisantait en demandant trois assiettes) (et du coup à chaque fois qu'il passait il regardait nos assiettes se vider et blémissait) (le pauvre homme a dû être très perturbé toute la soirée) (mais nous ne plaisantons jamais avec la nourriture).
Après, il commencait à faire très beau alors nous avons fait plein de choses passionnantes comme prendre des poubelles en photo, prendre l'intérieur des poubelles en photo, prendre des flaques en photo, repérer les délicieuses choses vendues au Mercado San Miguel (avis, avis, je suis prête à y emménager si l'on m'y construit une mezzanine), danser sur la Plaza Mayor au son de l'accordéon et filer, le nez à l'air et les cheveux au vent, au Parque del Buen Retiro où je voulais absolument voir le Palacio de Cristal (parce que les expositions universelles font partie de mes obsessions). Après, on a dit plein de bêtises en buvant des jarras de sangria, nous avons découvert la douche de folie que contenait la salle de bain, Camille a regardé les images de Cosmo et nous avons règlé le réveil à sept heures du matin pour profiter de la ville avant tous les touristes. Heureusement, j'avais oublié mon pyjama parce qu'il faisait bien trop chaud dans la chambre d'hôtel.




17:07 Publié dans 912, Derrière le rideau du réel -et parfois devant | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : madrid, mojito, museo del jamon, palacio de cristal, metro, barajas, amiens, avion, jamon, queso manchego, plaza mayor, sangria
27.04.2010
Madrid, el principio
Madrid -il faut que je vous avertisse, mes agneaux-, vous risquez d'en avoir vite marre.
Autant vous dire que mojito, sangria, croquetas de jamón y de gamba, bocadillas y empanadas, ME, Prado, Retiro risquent de vous sortir par les yeux avant peu de temps. (C'est peut-être déjà le cas mais alors vous n'êtes absolument pas compréhensifs et vous ne méritez pas d'être mes lecteurs adorés.)
Madrid, c'est la ville pour laquelle le volcan se calme (bien sûr que c'est pour NOTRE vol que le volcan a cessé d'être en éruption ou, pour adopter la terminologie qui est devenue la notre sous l'influence de Camille qui ne cesse de réinventer la langue française, que le volcan a cessé d'éjaculer). Madrid, c'est la ville qui nous offre avant tout un périple digne des plus grandes épopées avant même d'arriver à l'aéroport. Ulysse peut aller se rhabiller. Quoique, en dix ans, on a le temps de faire un sacré nombre de fois en poney le trajet Paris-Madrid.
Périple, disais-je, complet : odeur de brûlé, pneu qui fume, cric utilisé de façon originale, garagiste d'urgence que nous aurions embrassé s'il avait ressemblé à Romain Duris/Julian Casablancas/un fan de la langue polonaise (rayer la mention inutile), sans oublier le bouchon qui fait toujours plaisir sur l'A86 suite à un accident et la ré-impression in extremis des cartes d'embarquement (encore un coup du volcan en érection).
Je ne compte plus les fous-rire, à Madrid, mais je peux vous dire que ça valait la peine de chanter "I believe I can fly" dans l'avion, au départ. Heureusement pour les gens qui, comme nous, avaient pris la compagnie des pauvres (mais nous c'était pour donner le change), nous ne nous souvenions que de deux phrases. En revanche, je pense que ceux qui nous ont entendues chanter "Pour un infidèle" à l'entrée du marché du Rastro ne s'en sont toujours pas remis.
De Madrid, j'ai ramené un nombre indécent de nouveaux habits (mais c'est l'Espagne, c'est permis, le cours de l'euro y est fort intéressant) et mille autres choses. Nous avons pour politique première de contribuer très efficacement et, il convient de le dire, avec dévouement, à la relance économique au sein de l'espace Shenghen. Les euros version espagnole ont été reversé directement entre les mains de la population locale (c'est ça, le commerce de proximité) sans repartir en France (ça, c'est l'anti-mondialisation) mais mon banquier ne pourra rien me dire (et ça, c'est à cause du protectionisme et des contrôles aux frontières).
De toute façon, je ne sais déjà pas comment justifier à moi-même l'achat d'un vernis à ongles jaune que je préfère n'en parler à personne. Ou presque. (Mais il est beau et il va divinement bien avec le bleu que j'ai acheté en même temps.) (Si ce n'est pas une raison suffisante, je ne sais pas ce que c'est.)
Il faisait un minimum de trente degrés, le ciel était bleu, l'Iphone a fait des prévisions météorologiques pourries et fausses, l'ordinateur à l'hôtel n'avait pas de souris donc ce n'était pas possible de mailer/twitter/facebooker (horreur, malheur, catastrophe) (mais nous nous sommes consolées en inventant nos propres tweets et en se les confiant mutuellement) (hihihi, nous sommes drôles) mais notre SUITE était formidable, la salle de bain absolument démente et le petit-déjeuner un don du ciel. Je désire y retourner ne serait-ce que pour manger tous les jours des fruits frais, du fromage et du pain copieusement pour ne rien manger avant 18 heures (sauf une ou deux glaces mais comme c'est froid, c'est comme de l'eau donc c'est permis), heure à laquelle je boirais (oh, infortuné conditionnel!) tous les jours une boisson des Dieux dont je vous reparlerai. (Le chemin de mon ventre est aussi la clef de mon coeur, les espagnols l'ont bien compris.)
Je pense monter un marché noir du traffic des baies de goji (bayas de goji, ô lecteur international) avec l'Espagne parce qu'il y a une différence d'à peu près 500% avec les prix pratiqués par Naturalia dont le PDG doit bien se faire plaisir avec ses dividendes en fin d'année (je suis nulle en pourcentages mais bon, l'idée est là), et y retourner acheter 122 000 ballerines et 12 sacs (parce qu'il faut savoir être raisonnable).
A Madrid, j'ai fini un livre que j'ai beaucoup aimé de Somerset Maugham (qui, je maintiens, s'appelle bien William) et je suis aussitôt passé à des lectures de fond comme Cosmo en espagnol, parce qu'il faut s'imprégner de la culture locale. Bon, on a légèrement parcouru ABC aussi mais pas trop non plus. Garcia Lorca était avec nous, de toute façon, puisqu'il y a de la poésie dans chaque souffle du monde.
On a aussi parlé d'art et j'ai un tout petit peu pleuré dans un musée mais on n'est pas trop sérieux ici aujourd'hui, donc on en parlera une autre fois. Très vite, c'est promis.
18:16 Publié dans 783 et tous 784.19 Le chant de l'oiseau moqueur, 912, Derrière le rideau du réel -et parfois devant | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : madrid, mojito, sangria, croquetas de jamon, gamba, romain duris, avion, volcan, shenghen, rastro, pour un infidèle
02.03.2010
Au Parc de la Tête-d'Or
Au Parc de la tête d'Or, des lyonnais en goguette se baladent seuls, en famille ou en bandes d'amis. Ils sont de tout âge et arpentent les allées le sourire au coin de yeux. Certains, trop fatigués, âgés, ou tout simplement plus contemplatifs font d'un banc leur petit univers, quelques heures durant, et de ce promontoire profitent d'un royaume idéal. Ils jouissent, tous, des premiers rayons hivernaux du soleil, ceux qui sont pour la première fois depuis quelques mois assez puissants pour réchauffer le promeneur emmitouflé et lui communiquer une agréable sensation de chaleur. Ce sont ces rayons, dirigés dans un appartement, qui forcent à ouvrir la fenêtre pour faire entrer une brise légère, simple traînée d'une tempête de la veille, et frappent sur la nuque tant et si bien qu'en fermant les yeux, il est presque possible d'imaginer le coup de soleil. Douce illusion! Les arbres dénudés semblent subitement regorger de sève, prête à jaillir au moindre de signe du printemps. Au Parc, les promeneurs du dimanche se contentent d'être là, heureux de partager ces moments avec ceux qui les entourent comme avec de parfaits inconnus. La réunion de tous ces individus à la poursuite de la même félicité n'est-elle pas à elle seul la preuve d'une certaine vision de la société? Les enfants jouent, certains se heurtent à un obstacle et tombent mais les pleurs en résultant sont éphèmères. Aussitôt, le long cou d'une girafe ou les placides daims surgissant au détour d'une allée permettent à l'inconsolé, bouche bée, d'oublier ses sanglots. Lorsque le soleil se couche, doucement derrière un paisible nuage, et que le froid d'hiver reprend ses droits, les derniers rayons lancent au promeneur attardé la promesse d'un retour prochain, et lui demandent d'attendre -oh! encore un tout petit peu plus- le renouveau des saisons.
17:49 Publié dans 912, Derrière le rideau du réel -et parfois devant | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lyon, parc de la tête d'or, printemps, hiver
27.02.2010
Décadence
Les gens,
Je vous aurais bien parlé d'une super soirée de jeudi soir pendant laquelle j'ai mangé plein de glaces gratuites mais surtout, surtout, où j'ai réalisé un rêve de gamine. J'ai fabriqué ma propre glace. Oui. Avec les ingrédients que je voulais, dans un joli récipient en inox, avec une spatule que je n'ai pas cassée (contrairement à mon acolyte) et avec plein de bonnes choses très miam. Il fallait lui donner un nom ; j'ai appelé ce délice "décadence" (un de mes mots préférés). Ca me semblait parfaitement approprié pour ma glace.
Mais, en ce moment, je passe un super wee-end loin de Paris et je n'ai pas trop le temps...et donc en attendant je vous propose d'essayer de deviner ce qu'il y avait dans ma glace. Camille, tu n'as pas le droit de jouer. Celui ou celle qui trouve tout gagné quelque chose (mais je ne sais pas quoi encore). Quelques indices : vous avez le choix entre une base vanille ou chocolat, deux sirop et trois ingrédients solides. Et vous, qu'est-ce que vous mettriez dans la glace de vos rêves?
Bon week-end!
12:05 Publié dans 912, Derrière le rideau du réel -et parfois devant | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : glace, décadence
29.12.2009
Avant le changement
20:32 Publié dans 912, Derrière le rideau du réel -et parfois devant | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : noel, loire, collants
23.12.2009
Il suffit de s'imaginer à la verticale pour être debout
09:28 Publié dans 912, Derrière le rideau du réel -et parfois devant | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : cluny la sorbonne, rêve
16.12.2009
Décorations de Noël, peut-être
10:03 Publié dans 912, Derrière le rideau du réel -et parfois devant | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note