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30.07.2009


Série mathématique (la géométrie variable - 2)

 

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(On a marché sur la lune!)

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C'était la série :

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29.07.2009


Série mathématique (la géométrie variable - 1)

 

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28.07.2009


Inspiring

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Tout à fait le genre dont j'ai besoin aujourd'hui. Ce mur me fait penser à un projet en cours, ce qui me remet dans le chemin des seules décisions importantes. Trier et faire le vide ne passe pas nécessairement par un grand mur blanc...

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Les grands espaces ont ceci de tentant que l'on peut se perdre comme se retrouver en eux.

 

26.07.2009


Home or so

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A la fenêtre, le ciel se déchire.


"I looked up from my writing,
And gave a start to see,
As if rapt in my inditing,
The moon's full gaze on me.

Her meditative misty head
Was spectral in its air,
And I involuntarily said,
'What are you doing there?'

'Oh, I've been scanning pond and hole
And waterway hereabout
For the body of one with a sunken soul
Who has put his life-light out."

(Extraits de "I Looked Up From My Writing," Thomas Hardy)

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Tout juste hors du sol ; les jeunes pousses qui font nos délices et celles qui demandent trop d'énergie à leur support - ou de l'art de jardiner.

25.07.2009


Une question d'esthétique...

Je vous conseille vivement de télécharger la police d'écriture dite "JaneAusten" (un signe du ciel, assurément) si vous ne l'avez pas. Cela vous permettra de voir ce blog "tel qu'il a été conçu" (ahh, faire acte de création, quelle jouissance égoïste!).

Etape numéro 1 : cliquer sur le premier lien en haut à gauche (en Jane Austen...). Vous arrivez sur une page et, sous le bandeau rouge, cliquer de nouveau sur un petit carré en haut à droite (Télécharger PC/ MAC OS X).

Ensuite, choisir l'option "extraire" de Winzip. Puis se référer au second lien (Pour installer la police) où tout est expliqué.

24.07.2009


In petto

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Pendant la pluie torrentielle d'hier soir...

...

 

Mon collègue me vouvoie. Je sens que je dois rajouter tout de suite que contrairement à ce qu’il va sembler à la lecture du reste de cette note, j’apprécie beaucoup ce collègue qui s’est montré disponible, aimable et serviable dès les premiers jours.

 

Ca me fait un choc (non que cela me dérange profondément mais je trouve cela étrange) car s’il n’a pas le même âge que moi, il n’est tout de même pas sensiblement plus vieux (à tout casser il a trois à quatre ans de plus), avons fréquenté les bancs de l'université en même temps et faisons le même travail. Je ne suis pourtant pas d’aspect si débile (au sens étymologique du mot) que l’on m’ajoute dix ans régulièrement. Ca me rassure, il vouvoie aussi ma co-stagiaire qui, selon ses propres dire, a une « tête de bébé Cadum ». Le problème n’est donc pas dans l’âge, ce fléau de la femme moderne (qui avant mourrait jeune ou en couches encore plus jeune donc n’avait pas le temps de se préoccuper de son vieillissement prématuré).

 

Je m’étonne moi-même : je fais généralement partie des réfractaires au tutoiement massif et indifférencié qui fait rage dans certaines sphères. Je ne tutoie pas les gens que je ne connais pas, à moins qu’un ami me les présente et qu’ils se trouvent soit dans ma tranche d’âge soit qu'ils m’invitent à le faire, je ne tutoie pas ceux qui me tutoient (sauf pour leur faire remarquer leur grossièreté, ce qui a donné lieu à un incident mémorable au guichet de ma banque quand j’avais dix-huit ans), je ne vais pas spontanément tutoyer un collègue lorsque l’équipe contient cinquante personnes et qu’on fait semblant d’être tous amis dans une vie sans hiérarchie et, d’ailleurs, je ne fais jamais la bise à mes collègues ou connaissances lointaines (en voilà une habitude répugnante, toucher la joue d’un inconnu avec sa joue ou pire, avec ses lèvres). Bref, si j’adore embrasser mes ami(e)s comme du bon pain, leur toucher les mains ou les épaules et les serrer dans mes bras (toutes choses qu'ils ou elles supportent avec une constance héroïque), il n’en va pas de même avec ceux que la vie met sur mon chemin : j'ai horreur du tutoiement pseudo naturel qui ne rime à rien, le vous de politesse est fondamental dans notre langue et il n'a pas été inventé juste pour faire joli ou compliquer la conjugaison du verbe "faire". Je m’aperçois avec horreur à l’instant que cette attitude me donne un ton de conservatisme bon teint ; j’ai presque envie de me dire « vieille conne » in petto (et juste après de me serrer dans me bras ; je m'assume pleinement).

 

Mais, lorsque nous sommes un bureau de quatre, que nous faisons le même travail et que nous avons le même âge –peu ou prou-, j’ai du mal à faire des blagues avec quelqu’un qui me vouvoie et à me sentir détendue pour une bataille d'élastiques. Dois-je ajouter que la portion de salle dans laquelle je me trouve comporte quatre bureaux et que nous nous tutoyons tous ? Un seul qui vouvoie son monde, ça fait un peu radeau de la méduse…

 

Si encore il me connaissait très bien et qu’il me trouvait des côtés rétrogrades (ce qui me surprendrait fortement mais pourquoi pas?) qui lui donnaient envie de m’injurier in petto, je pourrais comprendre cette distance déguisée en marque de respect ; j’en use personnellement de temps à autre.

 

Enfin (dit-elle dans un soupir), dois-je réellement m’inquiéter d’un vouvoiement intempestif de la part de quelqu’un à qui l’on demandait ses projets pour le week-end a répliqué très sérieusement : « travailler, qu’il y a-t-il d’autre à faire à Paris en juillet ? ».

 

Humm, excellente question.

 

 

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23.07.2009


Contre vents et marées

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Mésange en pleine tempête...

J'aime bien sortir mes encres en rentrant chez moi le soir pour, pendant dix minutes, ne penser qu'aux couleurs.

(J'ai répondu à la plupart des commentaires et à vos questions, allez donc voir (si j'y suis...) si la réponse vous intéresse. Et parfois, même, j'en pose. A croire que je me crois tout permis...)

22.07.2009


En attendant l'orage

 

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J'étais assise sous un arbre aux cosses étranges, avec une amie, quelques instant avant que la pluie ne commence à tomber, d'abord en fines gouttes rafraichissantes puis à grosses éclaboussures sournoises qui se glissent dans le cou, entre la peau et la doublure de la robe en coton.

Les passants s'éclipsent, les touristes s'abritent, un mère cane et ses canetons se dandinent sur une pelouse et, sous l'orage, les arbres s'éveillent doucement. Ils répondent au vent et se laissent caresser avant de secouer leurs frondaisons ombrageuses. Enfin seuls! L'écorce se gorge d'eau, s'ouvre et se referme brusquement, plus vite que l'oeil nu ne peut le voir. Tout s'anime et notre monde devient sans repère. L'air tremble légèrement et une fine vapeur s'élève du sol. On dit que c'est une réaction du sol chaud au contact de la pluie mais nous savons, nous, que c'est parce que les arbres écartent très légèrement leurs racines : cette immobilité forcée leur pèse. Ce n'est certainement pas la faute des jardiniers si le nivellement du jardin des Tuileries est raté...

Les arbres aiment les orages, ils peuvent alors se parler lorsque le tonnerre gronde et que la luminosité trop vive des éclairs dissimule aux indiscrets les branches qui s'élèvent anormalement. Ils regrettent le temps où des hectares de forêt couvraient Paris et  la douce région alors vallonée qui l'entourait et où ils pouvait se déplacer au gré de leurs envies, changer de place sans que personne ne les remarque, sauf bien sûr les rêveurs et les lunatiques. Certains arbres meurent  -ils ont oublié comment s'éveiller- tandis que d'autres se lamentent amèrement. Les arbres aussi pleurent sous la pluie.


"Il y avait longtemps qu'il allait se promener dans la forêt et il sentait tout un tas de choses bizarres, comme si les arbres voulaient lui parler, ou comme si les arbres bougeaient...Bien sûr quand on les regarde, les arbres ont l'air immobiles. Ils sont debout dans la terre avec leurs branches écartées et leurs milliers de feuilles qui tremblent et tournent dans le vent." (J. M. Le Clezio, Voyage au pas des arbres)

21.07.2009


Ces heures sonores

 

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Les tics-tacs cristallins de l'horloge dorée me parlent des siècles passés.

Je vois ces artisans aux doigts de fées qui travaillent les mécaniques ou qui imaginent la forme d'une aiguille. Une question se pose soudainement : quel sera le mécanisme adopté pour la remonter? Remonter le temps. De la clepsydre aux mécanismes les plus incongrus, les horloges laissent place à l'esthétique, au XVIIème siècle. Plus résistant, plus fiable, mais aussi plus beau.

L'horloger dont nous parlons arrivera-t-il à relever le défi? Cette horloge doit s'intégrer dans une cheminée d'un des appartement d'un membre proche du Roi. Sait-il, l'horloger, que ce n'est plus pour bien longtemps? Que cette horloge contemplera des empires et des Républiques? Non, bien sûr, il se concentre dans un atelier au sol pierreux recouvert de limaille, son apprentis non loin. Ce petit, c'est la sûreté de ses gestes qui l'a amené ici. Quel contraste entre ses mouvements dégingandés dans la rue, ces membres grandis trop vite qu'il ne sait où mettre, la rougeur qui l'envahit lorsqu'il doit parler à une femme et ses doigts de travailleur déjà sûr de son art, sa précision et ce léger froncement du front qui indique qu'il réfléchit à la meilleure disposition possible d'un mécanisme nouveau.

Il est doué, et pourtant si jeune mais, s'il a l'instinct, il lui manqe l'expérience. Il ne sait pas non plus dessiner  ; il lui reste encore de nombreuses années d'apprentissage et l'horloger ne sait pas s'il aura le temps de passer tout son savoir. C'est qu'on meurt jeune, dans sa famille! Veuf depuis quelques années déjà, son couple n'a pas eu d'enfants et cette amère déchirure qui lui transperce le coeur et lui donne, à son insu, une apparence sévère devant une femme enceinte s'adoucit dans la pénombre et l'atmosphère feutrée de son atelier. La présence silencieuse du petit y estt peut-être un peu pour quelque chose. Au moins, celui-ci sait se taire et il a vite appris à se repérer entre les étagères. Clous, vis, écrous, rondelles, frettes, rivures, axes, il aurait pu nommer chaque pièce de chaque bocal, le nom de chaque client des horloges et montres en attente sur la table de montage et pourtant, il le sentait, sa tâche n'était pas achevée. Son métier, sa passion, avait depuis quelques mois un goût d'art imparfait, d'une esquisse ébauchée.

Il veillit, certes, mais chaque soir, dans son lit, le désir de se lever et d'arpenter les rues endormies le tenaille Marcher, marcher jusqu'à l'épuisement comme quand, lorsqu'il avait vingt ans, il était trop amoureux pour dormir, la gorge serré et les yeux sans repos. Sa seule échappatoire était alors d'arpenter cette ville qu'il ne connaissait pas, de croiser ces ombres qui vivent la nuit et de rentrer au petit jour, crotté mais apaisé. La rugosité des draps en lin désormais lui faisaient le même effet que les tourments de l'amour depuis qu'ils n'avaient plus cette odeur d'herbe fraîche qui dans son souvenir n'était liée qu'à une seule personne. Il lui reste à contempler, par le carreau, le ciel sans nuage et les étoiles levantes, l'odeur ténue d'une bougie fraîchement éteinte au bord du coeur.


"L'univers m'embarrasse et je ne puis songer - que cette horloge existe et n'ait pas d'horloger". (François Marie Arouet, dit Voltaire)

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20.07.2009


Je les attends avec impatience...

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...mes vacances! D'autant plus inattendues que je devais pas en avoir du tout (mais il faut croire que je suis on ne peut plus convaincante en négociation des causes perdues. Ou alors c'est Sainte Rita qui a veillé sur moi la semaine dernière ; elle devait savoir que j'étais à bout de nerfs).

Rendez-vous compte : cela fait quatre ans que mon fiancé et moi n'avons pas pu partir plus de trois jours tous les deux. Et encore, trois jours, c'était une seule fois, il y a un peu moins de deux ans.

Je suis fébrile et, si je ne l'étais pas déjà, je me croirais éprise. Je suis toute faible et impatience et submergée et, si je ne savais pas que l'attente de ces douze jours bénis était la cause directe de mes maux, je croirais au syndrome de Stendhal (je travaille dans un lieu d'une extrême beauté et chargé d'histoire, c'est tout à la fois formidable et terrible.).

Je n'ai qu'une envie : partir, le sac rempli de livres, les chaussures de randonnée bien accrochées et mon fidèle Guide Vert dans une poche. Oui, je suis une frénétique des Guides Verts (j'aime passionnément les bleus mais j'en ai très peu et, il faut bien se rendre à l'évidence, je pars plus souvent avec un GV qu'un GB), mais des Guides Verts avant leur refonte, c'est-à-dire tous ceux qui datent d'avant les années 1990. Ils sont obsolètes pour quasiment tout le monde mais ce sont les plus intéressants, la nouvelle version "accessible" ayant transformé ces petits concentrés de savoir en une vaste blague touristique. Si vous avez des Guides Verts trop vieux, vous savez à qui les refourger désormais... J'ai une faiblesse toute particulière pour les millésimes compris entre 1982 et 1988.

Le week-end prochain je vais sortir la carte routière et préparer le trajet que nous suivrons, plus ou moins. Je calculerai le temps, les kilomètres, les envies touristiques seront trop nombreuses, je voudrai faire un détour parce que, sur la carte, "la route semble jolie" (je sais, cette phrase paraît inepte mais c'est pourtant une phrase que je prononce souvent et, à l'usage, elle n'est pas si stupide). Un passage par l'abbaye de Solesmes, peut-être les vêpres chantées en grégorien, le château de Hautefort, la lande dans les Monts du Forez et que sais-je encore.

Et des livres à lire, ce qui ne changera pas de mon temps de non vacances mais sans lesquels je ne peux concevoir la vie. Je verrai au dernier moment ceux que je souhaite emporter. Peut-être du Gracq, Claude Simon, un numéro du New Yorker, relire Carson McCullers, découvrir -si je le trouve- Québec Bill Bonhomme de Howard Franck Mosher que deux lignes dans le livre de Josyane Savigneau (Point de côté) m'ont donné envie de découvrir, Zona Gale, Boccace, Eudora Welty...

Et re-penser à ces derniers livres qui m'ont marqué. J'aime relire, je relis quasiment tout d'ailleurs, peut-être parce que j'ai la chance de lire très vite, plus vite que mon porte-monnaie ne se remplie et qu'on ne me prête de livres. J'ai le travers d'aimer qu'un livre m'appartienne : j'emprunte, mais peu. J'aime pouvoir me lever, ouvrir à la page dont je me souviens les feuilles encrées et relire quelques lignes ou juste une phrase. Je veux pouvoir caresser une tranche et avoir le défaut de la possession. J'aime prendre un ouvrage dans ma bibliothèque (nécessairement minimaliste : j'habite à Paris, donc une surface limitée, et j'ai un lapin, donc je ne peux pas poser de livres au sol) et savoir que je vais le relire pour la seizième fois. J'aurais peut-être l'envie de repenser à Meyer Levin, découvert avec Crime, adulé avec Frankie and Johnny (impossible de ne pas y voir l'inspiration de Catcher in the rye de Salinger), à Susha Guppy et son Jardin à Téhéran, à cette Longue marche en trois tomes, cette quête de la route de la soie qui m'a bouleversé, au Pays du Dauphin Vert d'Elizabeth Goudge et à de très nombreux autres. So little time...

J'attends mes vacances...

 

 

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