12.06.2010


Blanc

 

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23.05.2010


Soleil dominical et délicieuse oisiveté

 

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Courses à Longchamp et robe de circonstance. Un hippodrome en pleine effervescence.

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Soleil à la maison, brunch, courses dominicales et fleuriste fermé.

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Clématites en pleine floraison et muguet tardif.

 

07.05.2010


La Reverencia

Parce qu'une ville polie tire toujours sa révérence avec distinction...nous aurions pu finir en chansons, probablement des comptines enfantines ou ces tubes qui nous ont fait dansé dans les années 90, jadis, mais ce sera en images que nous dirons au-revoir à Madrid, ici. Un petit peu parce qu'on m'a réclamé des photos de nourriture, un petit peu parce que j'aime penser qu'il y a tout juste deux semaines, à cette heure-ci, nous atterrissions. J'allais dire que j'aimais les fins nettes, celles qui permettent de tirer un rideau qui n'est plus agité que par une brise de souvenirs quand on les laisse se rappeler à nous mais ce n'est pas tout à fait exact. J'ai à mon actif de très belles fins effilochées, de jolis coupons qui ont perdu insidieusement leur couture et qui petit à petit se sont dispersés au vent, sans remords. Je préfère les fins nettes, comme ici pour mieux revenir et pour la plupart des choses, certes, mais je ne suis pas contre une fin qui n'en est pas une, tant qu'elle fournit de beaux souvenirs, la certitude de ne pas se trouver entre deux portes ouvertes, un sourire de temps à autre et au coeur, un peu de cette amertume marine que l'Empereur a gardé après avoir contemplé la dernière peinture de Wang-Fô. (Je vous en conjure, aimez Marguerite Yourcenar. Une femme qui a fait dire à l'un de ses personnages que ses premières patries furent les livres a tout compris à la littérature.)

Adieu, ces trois jours, et place aux souvenirs. Sint ut sunt.

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21.04.2010


La réponse!

Toute personne ayant participé et souhaitant recevoir une carte n'a qu'à se manifester dans les commentaires. Même ceux qui n'ont pas gagné. Si les avions volent bientôt, que je peux partir comme prévu et que je ne suis pas trop occupée à boire des mojitos en short sur la Plaza Mayor, la carte promise viendra même d'Espagne. Sinon, ça sera un peu moins exotique (mais vous serez contents quand même parce que ça viendra de moi, par principe.) Pour les adresses des voulants, il suffit de me les envoyer à apeinemabougieeteinte at yahoo dot fr.

Les gagnants (parce que j'ai grand coeur et compassion infinie, plusieurs catégories ont été créées) :

- catégorie véracité : Flo

- catégorie évolution : JS

- catégorie drôle : Romain

- catégorie imagination : Camille (Je n'avais pas précisé : les deux)

- catégorie la plus éloignée de la réalité : Douce-Amer

Enfin, voici la bête qui est sortie il y a assez peu de temps du sol pour ses sept mois de vie à la surface. Elle a très faim depuis que le soleil est revenu. (En même temps, je voudrais vous y voir après six mois d'hibernation. J'avais dit que je ne mangeais pas une semaine avant Madrid (on croise les doigts pour que les avions volent d'ici vendredi) mais je n'ai pas tenu plus de deux heures.)

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Son petit nom? Cogito. Oui, oui, d'après "Cogito, ergo sum". On s'est dit que c'était parfaitement adapté à cet être vif à l'esprit fulgurant. (Nous sommes des comiques dans la famille.) (Ca ne vous fascine pas, vous aussi, cette petite langue rose toute mignonne à l'intérieur d'un animal aussi ignoble?)

Sinon, c'est un peu dur en ce moment de trouver du temps plus de 30 secondes pour vous écrire, mes petits agneaux, parce que je passe ma vie au travail. J'oscille entre exaltation intense parce que 98% du temps j'adore mon boulot et dépression instantanée car, à 1%, parfois, c'est nul et ils sont méchants, et pour la fraction restante, parce que je flippe grave (comme disent les jeunes) pour mon avenir. (Cette dernière fraction est en réalité de l'ordre de : variable. Entre 1% et 170%.)

Heureusement, au travail, ils ont instauré une poubelle de tri sélectif des papiers dans chaque bureau qui me fait pâmer de bonheur à chaque fois que mon regard tombe dessus (souvent). C'est bien simple, j'ai des frissons d'exaltation quand je lis ce qu'il y a d'écrit sur le couvercle, à savoir "ici commence une deuxième vie pour vos papiers de bureau". J'exerce une des profession qui est, je pense, la plus dispendieuse dans l'utilisation du papier. Et donc irresponsable. Mais nous sommes réellement obligés d'imprimer quinze versions de 150 pages chacunes pour n'en garder qu'une de treize pages. C'est frustrant et terriblement agaçant. Un autre jour je vous parlerai des gens qui fument dans leur bureau mais c'est une autre discussion et je suis déjà assez énervée comme ça par la consommation de papier.

Il y a à peu près un mois, j'avais accompagné Camille à une petite sauterie organisée par Garnier (et Greg) pour parler Eco-Emballages dans la salle de bain. Outre le fait que c'était très intéressant et que j'avais été honteuse de ne trier ma poubelle de salle de bain qu'une fois sur deux, j'avais passé à peu près deux heures (soit l'intégralité de ma présence au très chouette show room d'une très chouette rue du 6e arrondissement) à clamer que je trouvais l'initiative absolument géniale et que ça devrait être plus répandu parce que "dans mon boulot, personne ne trie jamais rien". Et mon boulot est formidable puisque quinze jours après j'avais ma poubelle supplémentaire, rien que pour les papiers.

Entre ça, la vue de la terrasse sur le tout Paris et la proximité du parc Monceau, je ne sais pas ce qui est le plus fabuleux. (Réponse : la proximité du Parc Monceau.) Du coup, je suis tiraillée parce que ce soir je suis invitée à un dîner organisée par une amie très chère en présence d'une autre amie très chère sur le thème "je hais mon boulot" (mes amies ont de l'humour). Je ne sais pas quoi faire. A part y aller et installer un bandeau publicitaire ici, au cas où, qui proclame : ce n'est pas vrai, je vous aime, vous êtes formidables, le travail aussi, embauchez-moi vite, très vite (et payez-moi raisonnablement).

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18.04.2010


Grand jeu...

...où il n'y a strictement rien à gagner (sauf une carte postale si vous le voulez vraiment).

Mais qu'est-ce donc que cet animal?

 

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02.04.2010


Dans Causette, il pourrait y avoir...


http://vimeo.com/10621066

 

(Essai. Ca devrait être ma vidéo pour Océane, dans le cadre du concours Causette (le magazine "plus féminin du cerveau que du capiton"). J'ai beaucoup ri. Je reviens dans la journée mettre des vrais mots là-dessus (car je n'ai jamais lu Causette mais c'est l'occasion de changer ce lamentable état de fait) mais ce n'est pas sûr - j'ai une blinde de boulot. Sinon, (lien fabuleux pour regarder ce chef-d'oeuvre).

 

(Sinon, je vais répondre aux commentaires, je vous assure.)

28.03.2010


Un week-end à Paris (et un petit noir)


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Des amis, un restaurant, un salon du livre, un passage au cinéma et un petit noir au café du coin. Un week-end à Paris.

 

24.03.2010


Chiffon blanc (2)

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(Episode 1 ici)

15.03.2010


Bright Star, a most perfect movie

Quinze jours après avoir vu Bright Star, j'ai enfin digéré assez cette merveille pour en parler un peu ici. A la date où il ne doit plus du tout passer en salle, donc. Logique.

"Le début de votre poème touche à la perfection*" déclare Fanny à un Keats qui vient de publier Endymion. Eh bien, Madame Campion, Bright Star a quelque chose du film parfait et comme l'écrivait Keats "a thing of beauty is a joy forever". (Nous reviendrons plus tard sur le sujet de la bande son.)

La jeune Fanny Brawne (Abbie Cornish dont le jeu ne peut pas être critiqué), dix-huit ans en 1918 -telle que présentée par Jane Campion- possède un je-ne-sais-quoi d'une héroïne de Jane Austen. Talentueuse, pleine de répartie, élégante, affirmant sans pudeur ses opinions préconçues, un peu vaniteuse et pourtant innocente, Fanny est par-dessus tout indépendante. Elle ne se prive d'ailleurs pas de le faire remarquer à Charles Armitage Brown, proche ami, entre le secrétaire, le mécène et le gardien, de John Keats (Ben Whishaw, fidèle au Keats d'Andrew Motion dont la biographie a inspiré Jane Campion), qu'elle va pouvoir vivre de son talent de couturière, au contraire des petits poètes scribouillards qu'ils sont.

Pétrie de préjugés, la jeune femme s'épanouit dans les réceptions mondaines et refuse de serrer la main de Charles Brown (Paul Schneider, le deuxième meilleur acteur du film dont on excusera le terrible et faux accent écossais), irritée par l'image qu'il se fait d'elle. Un solide antipathie doublée d'une incompréhension mutuelle résidera entre eux jusqu'après la mort de Keats et on devra à Brown la réputation de flirt sans esprit de Fanny pendant de nombreuses années après la mort de celle-ci. Keats, quant à lui, n'est que modestement publié et quasiment pas vendu. Attaqué de toutes parts par les critiques, Keats est d'ailleurs mort en se croyant un échec. En 1918, trois ans avant sa mort, le poète soigne (peine perdue!) son frère malade de la tuberculose qui a emporté sa mère et qui lui sera fatale et, peu fortuné, loge chez son ami Charles Brown dans le village d'Hampstead où réside également Fanny. Fanny, douée pour les langues étrangères mais ayant reçu une éducation modeste est intriguée par le jeune poète capable d'écrire des vers qu'elle trouve beau sans les comprendre, ne possédant pas d'affinités particulières avec la littérature et la poésie. L'aura de génie de Keats et ses airs fragiles de pré-tuberculeux conduiront d'abors les jeunes gens à jouer au chat et à la souris, agacés l'un par l'autre. Fanny ne comprend pas la poésie et Keats la trouve trop frivole. Petit à petit, une admiration mutuelle nait de leurs rencontres fréquentes (ils finissent pas devenir voisins) et de l'admiration naît leur amour.

Amour contrarié par Charles Brown qui harangue Fanny et sermone Keats de s'attacher à un flirt au carnet de bal toujours rempli qui ne peut que le détourner de son art en éveillant en lui la vulgarité du plaisir sexuel. Il lui conseille d'ailleurs de coucher avec elle une fois pour toute et d'en finir. Une inexplicable carte de Saint Valentin (affection, solitude ou cruelle moquerie?) sera la limite que Brown n'aurait pas dû franchir, Keats verbalisant pour la première fois son amour. "Les élans du coeur sont sacrés. N'en savez-vous rien?*" Keats ne couchera jamais avec Fanny mais existe-t-il plus sensuel que les deux amants, pleinement habillés mais nichés dans un canapé au mileu d'une pièce à demi-éclairée, la tête de Keats sur le giron de Fanny, s'échangeant les vers de La Belle Dame sans Merci?

Si la poésie n'est pas aussi naturelle que le sont les feuilles à un arbre, alors il faudrait mieux qu'elle ne soit pas*, explique Keats à Fanny.

Ne tombant jamais dans le cliché (et Dieu sait que l'amour tragique d'un des plus grands poètes britanniques mort à vingt-six ans de la tuberculose peut-être source infinie de clichés), le film de Jane Campion n'est porteur que d'une infinie beauté. Comme les vers de Keats, qui gagnent en force à chaque relecture, les émotions transmises par la caméra sont pures et puissantes. Aucun film ne pourra jamais retranscrire le processus créatif mais Bright Star donne au spectateur l'illusion de les entendre pour la première fois. Si encore quelques salles en France diffusent le film, courez-y et je vous assure que vous voudrez rester (pour ceux d'entre vous qui n'ont pas l'excellente habitude de déjà le faire) jusqu'à la fin des crédits pour entendre Ben Whishaw égrenner les vers d'Ode to a Nightingale. La bande-son (je vous avais promis d'y revenir) ne comporte presque pas de musique mais prend l'audacieux parti de faire lire certains poèmes de Keats aux deux acteurs principaux. L'exception à cette lecture est de taille : le compositeur a adapté -sous le titre Human Orchestra- pour voix humaines la sonate KV 361 en si bémol majeur de Mozart. L'adaption est hypnotisante (et inspirée d'une lettre de Keats) mais je regrette que le son des voix soit si synthétique. Un film de la qualité de Bright Star exigeait le meilleur de sa bande-son et, même si j'écoute celle-ci non stop en ce moment, ce n'est malheureusement pas le cas.

Jane Campion n'a pas rendu le spectateur aveugle à l'hypocrisie sexuelle qui règne : Fanny et Keats, qui finissent par partager la même maison mitoyenne et séparés par un simple mur, ne peuvent se marier à cause de la pauvreté du poète (la mère de Fanny repoussant le plus longtemps possible leurs fiançailles pour cette raison) mais Brown peut s'affranchir des classes sociales pour passer du bon temps avec la servante des Brawne. Longues conversations, lettres et poèmes seront les seuls moyens autorisés aux jeunes gens pour sublimer leur désir. Avec l'absence vient la jalousie -pour John Keats- et la torture de l'attente ("Est-ce cela, l'amour? Je ne m'en moquerai plus jamais*") -pour Fanny, magnifiquement représentée par les papillons que la jeune femme élève dans sa chambre mourant un à un et devenant poussière là où quelques jours auparavant ils resplendissaient de toutes leurs couleurs. Funeste évanescence, préfigurant la silencieuse procession funéraire de Keats, à l'aube, à travers la Piazza di Spagna désertée.

L'hiver anglais qui devait achever Keats, gravement malade, le rattrape en Italie où il est parti, loin de tous, ne pouvant refuser le billet que ses amis se sont cotisés pour lui acheter et portant par là-même un coup fatal à son idylle. Charles et Fanny cèdent à la fiction selon laquelle il reviendra guéri et doivent faire des adieux qu'ils savent être les derniers en prétendant qu'ils croient à un futur commun. La honte de l'avoir laissé partir est incommensurable et c'est Brown qui lira la lettre de Severn, seul ami parti avec Keats, annonçant le décès de son meilleur ami.

Bright Star, le sonnet, est l'incarnation tragique de ce qui était le plus cher à Keats : la superbe légèreté du génie de la poésie et son amour pour Fanny. A sa mort, il a cru que les deux, pourtant à sa portée, lui avaient échappé.

 

 

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* Traduction libre des dialogues suivants :

"The beginning of your poem has something very perfect."

"There's a holiness to the heart's affections. Know you nothing of that?"

"If poetry does not come as naturally as leaves to a tree, then it had better not come at all."

"Is this love? I shall never tease about it again."

 

 

08.03.2010


Y voir clair

La bonne nouvelle de la journée réside dans cette information majeure : Avatar, cette resucée sans intérêt et sans esprit de Danse avec les Loups, avec les hommes bleus indigènes importés directement de la bouse sur Arthur avec Keira Knightley réalisée dans le milieu de notre décennie, n'a pas remporté l'Oscar du meilleur film ou du meilleur réalisateur de la promo 2010 mais "seulement" trois statuettes plus mineures (et c'est déjà deux de trop).

Le cinéma mondial s'offre un an de répit.

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